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Puzzle incomplet, non-ventes, mauvais timing et superpositions : Luis Campos livre son bilan mitigé du mercato du PSG

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Publié le par Marius Cassoly Icon Sport

Dans le cadre d'une interview accordée à RMC Sport, Luis Campos, le conseiller football du PSG, a tiré le bilan du mercato estival du club parisien, dont il n'est pas pleinement satisfait.

Homme fort du PSG depuis sa nomination officielle au poste de conseiller football le 10 juin dernier, Luis Campos s'est longuement exprimé dans le cadre d'une interview accordée à RMC Sport, vendredi. Le dirigeant portugais a notamment dressé le bilan du mercato estival du club parisien, dont voici le récapitulatif. "Si je suis satisfait du mercato ? Non", a d'abord répondu l'homme de 58 ans.

"S'il nous manque une pièce, le puzzle n'est pas complet"

Et pourquoi ? "Parce qu'on arrive en fin de mercato et on n'a pas l'équilibre parfait. On a une énorme qualité dans l'effectif, pas de doute. Après, au final, on n'arrive pas à la perfection. C'est toujours difficile d'avoir la perfection. Mais on travaille pour être le plus proche possible de la perfection. C'est un grave problème pour nous, qui travaillons tous les jours. C'est très bien d'avoir des joueurs d'énorme qualité, mais quand on a trois défenseurs centraux alors qu'on a commencé à jouer avec trois défenseurs centraux dès le premier match, un modèle de jeu clair pour tous, ça nous met en difficulté".

Relancé sur le transfert raté de Milan Skriniar, défenseur central slovaque de l'Inter Milan, Luis Campos a enchaîné : "Je ne vais pas parler de noms. On n'a pas seulement parlé avec Skriniar. On a aussi parlé avec d'autres joueurs. Et au final, on n'arrive pas à avoir le joueur qui nous manque. C'est comme le puzzle. S'il nous manque une pièce, le puzzle n'est pas complet". 

L'ancien dirigeant de Monaco et de Lille a ensuite souhaité recontextualiser : "Quand j’arrive au PSG, il y a 54 joueurs et pas de deuxième équipe. Cela veut dire que l'année dernière, il y avait 35 joueurs dans le vestiaire. Cette année, on va avoir 21, 22 joueurs, en plus d'intégrer la formation qui est très importante, avec la création du groupe élite : cinq joueurs qui s'entraînent tous les jours avec l'équipe principale. On a des joueurs exceptionnels à Paris qui doivent être intégrés dans le groupe et avoir des opportunités".

Antero Henrique critiqué, mais jamais cité

Et de préciser la situation : "Le PSG a l'obligation de respecter le fair-play financier, je suis totalement d'accord. On a commencé à faire le design de notre équipe. Et là, on a pensé à comment réduire l'effectif avec un fair-play financier de plus en plus complexe, on a pris des mesures complexes pour résoudre ça, avec un modèle différent et des responsables pour la partie économique du mercato (Antero Henrique, ndlr), et moi plus sur le sportif".

Luis Campos n'a ensuite pas épargné un certain Antero Henrique, sans jamais le citer toutefois : "L’économique et le sportif doivent marcher ensemble, c'est obligatoire ! Mais le sportif, c’est la priorité, on est un club de foot. Le filtre économique ne peut pas conditionner le filtre sportif. Et à mon avis, à un moment, la priorité ça a été l’économique. Pour moi c’est très clair, les deux choses doivent marcher ensemble, obligatoirement. Quand un club pense plus au sportif et oublie l'économie, catastrophe. Quand on fait le contraire, c'est pareil".

Mauvais timing, non-ventes et superpositions

Au-delà de cet équilibre qui a manqué entre question économique et nécessité sportive, le conseiller football du PSG n'a pas été satisfait du timing des mouvements effectués : "On n'a pas fait un bon mercato car c'est un mercato comme les trois dernières années. Cela s'est passé un peu pareil. Le mercato, c'est long, même si je suis contre, mais ce sont les règles du jeu. La première semaine, avant même la fermeture comptable de la saison 2021/2022 qui est le 30 juin, tout le monde a attaqué sa première priorité, ou même la deuxième, mais tout le monde n'a pas réussi. On a une première semaine, on a réussi à faire Vitinha qui était une priorité, et il joue, c'est bien. Après, on a six ou sept semaines où il ne se passe rien. Et arrive la dernière semaine mais tout est beaucoup plus cher. On est arrivés à la fin et on a été très conditionnés par le modèle qu'on a trouvé et on a laissé le sportif, je n'irai pas jusqu'à dire sans une jambe, mais avec une partie du puzzle manquante".

Et d'enchaîner sur un constat implacable : "On n'a pas vendu beaucoup de joueurs, on a prêté et ils reviendront l'année prochaine. C'est pour ça que je dis qu'on n'a pas fait un bon mercato. À partir du moment où les décisions économiques conditionnent le sportif, ce n'est pas un bon mercato pour moi".

"On a aussi une superposition en attaque entre Mbappé et Neymar"

Enfin, Luis Campos a critiqué la superposition de joueurs à certains postes : "Il y a pour moi quelque chose de très important quand on fait l'architecture, la construction d'une équipe : c'est la superposition des pièces. Tu ne peux pas avoir deux pièces à deux postes très importants : le gardien et l'attaquant. Quand on parle de gardien, pour moi, c'est très clair que tu ne peux avoir deux gardiens exceptionnels. C'est une décision difficile mais le coach l'a prise. Mal ou bien, c'est sa décision et il faut la respecter. Et on a eu avec l'accord de Navas l'opportunité de rectifier une superposition de pièces. Et je dois dire que Donnarumma est un grand gardien mais Navas est aussi un top gardien".

Un constat selon lui également visible sur la partie offensive : "On a aussi une superposition en attaque : on a Mbappé et Neymar qui aiment jouer dans la même zone du terrain, un peu plus à gauche. Cela veut dire que notre mercato n'est pas bon car on a des manques à des postes importants et parce qu'on a des superpositions de joueurs".